GENEALOGIE ET ALLIANCES


GENEALOGIE ET ALLIANCES FAMILIALES DES OULED ABDENNOUR

GENEALOGIE ET ALLIANCES FAMILIALES

DES OULED ABDENNOUR

                                  B.H

Dans la vie des Nations la généalogie porte sur le socle identitaire des origines lointaines qui l’ont formée. Les traces de l’homme qui ont existé depuis la préhistoire et les fouilles entreprises marquent la région de Righa d’un sceau indélébile où évoluèrent les Ouled Abdenour.

Tous les éléments de ma recherche s’inscrivent dans ce que fut la tribu des Ouled Abdenour à travers les écrits des manuscrits des zaouias mais aussi les références historiques des siècles passés. Il est évident que les anthropologues coloniaux ont écrit notre récit national selon leur convenance. Ils ont décrit l’histoire des mœurs et des coutumes qu’il faut reprendre loin des préjugés de l’administration coloniale.

Pour cela il faut recueillir les moindres informations qui ont un intérêt à la fois local et national depuis la Numidie de Massinissa et Jugurtha, en passant par les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Arabes, les Turcs et les Français où la toponymie berbère a gardé ses traces linguistiques à nos jours.

La tradition locale a conservé la présence des Fatihines à l’aube de l’Islam.  La tribu de Righa était constituée au XIe siècle par les Senhadjas installés en 1007 avant J.C du Djebel Lakhdar des Ouled Allane près de Médéa qui ont fondu dans la partie méridionale du massif des Maâdids avec d’autres familles senhadjies la fameuse ville de la Kalâa des Béni Hammad.

Righa liée par des alliances familiales était occupée par les Zénatas, les Maghraouas, les Kétamas,les Hélailias.Puis les Guécha, les Sékharas, les Ghomaras jusqu’à l’établissement des Turcs en Algérie.

LEGENDES ET CULTURE DE L’OUBLI

Les faits racontés par les ancêtres selon des légendes parfois altérées parfois amplifiées selon l’imagination du narrateur, malgré cette culture de l’oubli constituaient des récits à être transmis. Mais pour nous les informations puisées dans  « l’Histoire des berbères » d’Ibn Khaldoun son pour une partie de cette contribution une des références ddes plus valables à mon sens. Charles Féraud en a écrit une notice en Février 1864 sur les Ouled Abdenour. Il en fait une description de cette tribu la plus vaste de la province de Constantine.

Celle-ci est située dans la région du Tell c’est-à-dire sur les hauts plateaux.Elle occupe une parties des plaines allant jusqu’à Medjana dont la hauteur se situe à 900 mètres au-dessus du niveau de mer. Son territoire était plus vaste d’une superficie de 200 000 ha du temps de la présence turque d’Aïn Soltane au pied des montagnes de Ouled Bouaoun et des Ouled Sellam souvent même dans la riche plaine de Zana. Durant l’été les Ouled Abdenour occupaient l’espace qui va de l’Oued Athmania, Téléghma, Oued Seguan jusqu’au flanc de Djebel Chétaba et de Sidi Zouaoui.

C’est qu’à cette époque les Oulad-Abd-en-Nour composaient une des plus puissantes tribus de la province ; il leurs était facile, en effet, de réunir jusqu’à 2,000 cavaliers et de se faire soutenir, au besoin, par les montagnards des Oulad-bou-Aoun, leurs amis. Toutes les tribus voisines recherchaient leur alliance et se seraient bien gardées de les mécontenter.

LES OULED ABDENOUR UNE REGION DE CAVALIERS

On ne revit plus les Oulad-Abd-en-Nour, ni dans les plaines de Zana, ni à l’est du Djebel-Grous. Les terres enlevées furent données à d’autres tribus, constituées azel ou accordées en apanage à des familles influentes du pays.

Quand on quitte Constantine pour se rendre sur le territoire des Oulad-Abd-en-Nour, on remonte la vallée de l’Oued-Roumel. La route impériale qui mène à Sétif, tracée sur la rive gauche de la rivière, côtoie une infinité de contreforts qui, jusqu’au village d’El-Almania, rétrécissent considérablement la vallée.

LA ZAOUIA DE SIDI HAMANA

Cette masse rocheuse, qui domine des deux côtés, s’évase brusquement, les montagnes se reculent à droite et à gauche et, sans qu’on soit préparé à cette transitionon découvre tout-à-coup devant soi les immenses plaines qui s’étendent sans interruption jusqu’au-delà de Sétif.

A droite, en sortant de la gorge, sont les ruines de la zaouïa de Sidi-Hamana qui se distinguent par une teinte rougeâtre très prononcée. Les arabes, qui ont des légendes pour tout, racontent que ce marabout fit jaillir la source d’eaux chaudes de Hammam-Grous pour faciliter, pendant l’hiver, les ablutions de ses disciples. Les plaines des Oulad-Abd-en-Nour, complètement dépourvues de végétation arborescente, s’élèvent doucement de l’est à l’ouest jusques vers Sétif qui est le point culminant. Elles sont légèrement ondulées, sauf dans les parties qui les rattachent aux chaînes de montagnes limitrophes, au nord et au sud, où les pentes sont alors plus accentuées.

Du côté nord, le système orographique est sans grand caractère. Le Djebel-Grous, que l’on voit d’abord, est un pilon décharné, brûlé par le soleil et sans la moindre apparence de terre végétale.

Viennent ensuite les hauteurs du Sidi-Messaoud qui n’offrent point d’escarpement brusque et s’élèvent au contraire progressivement présentant des terres de culture jusqu’à leur sommet. Elles continuent, pour ainsi dire, la plaine dont on ne distingue de ce côté ni le commencement ni la fin.

Vers le sud , se déploie le rideau des montagnes du Djebel-Tafrent, coupées par les cols de Mechira, d’Aïn-el- Kebch et d’autres moins importants. Enfin, pour clore cette perspective, on voit à l’horizon la silhouette du Djebel-Tenoutit.

En résumé, le territoire des Oulad-Abd-en-Nour peut se diviser en deux zones soumises à des influences cli- matiques bien distinctes et, par conséquent, d’un aspect tout différent : le Tell et les Sebakh, séparés par le sys- tème du Tafrent, puis, beaucoup plus à l’ouest, par le tenoutit: Ces deux montagnes sont en quelque sorte au centre de la tribu. Le Tell, dans sa partie la plus élevée vers le nord, prend le nom de Seraouat, pays de haute culture ; c’est la région fertile par excellence.

En été, il y règne continuellement des vents modérés qui ne cessent de rafraîchir la terre en arrêtant les rayons du soleil qui sont brûlants dans la plaine. En hiver, l’air y est vif et même très froid. Au mois de janvier, le thermomètre descend à 6° au-dessous de zéro. Les orages et la grêle y sont fréquents. La neige s’y main- tient parfois pendant plusieurs jours. La partie basse du Tell, qui est marquée par le cours de l’oued Bordj-Hariz, est marécageuse et souvent submergée  de 777 mètres.

Les Sebakh (terrains salsugineux), que l’on nomme aussi Bled-el-Hamia, la région chaude, consistent en des plaines très basses, jadis exclusivement réservées au par- cours des bestiaux et aux campements d’hiver. Quand on pénètre dans ces étendues par l’un des cols du Tafrent, l’œil est attiré par une perspective grandiose et imposante. Vers le sud, derrière Aïn-Soulan, on aper- çoit une succession de montagnes présentant des cou- pures bizarres que la pensée n’imaginerait pas. Ce sont les crêtes parfois neigeuses des Oulad-bou-Aoun, des Oulad-Soultan et les massifs qui entourent Batna.

Puis, à l’extrémité occidentale du Djebel-Agmerouèl, comme pour faire opposition aux teintes vaporeuses de l’horizon , parait le lac salé de Chott-Saïda , éclatant de blancheur et brillant comme un miroir au soleil. Les Sebakh sont généralement couverts de touffes de : Guetlof (Atriplex halimus). Chih (Arlemisia herba Alba). Halfa ( Stipa lenacissima ).

On voyait jadis dans ces prairies immenses, dans ces landes herbeuses, paître de grands troupeaux de moulons, des bœufs, moins nombreux, mais surtout une race de chevaux renommé. Les cultures se sont accrues dans de grandes proportions, les terrains en friches de la plaine ont été remués par la charrue et, peu à peu, la sécurité et la confiance qui la suit s’augmentant,   la mechta a été construite et de nouveaux douars se sont créés de ce côté

A l’époque la limite de la tribu, telle qu’elle est établie, part du sommet du Djebel-Grous, se dirigeant vers le nord, atteint la crête du Kaf-Tazerout qui la sépare des Oulad-Kebab ; suit les crêtes vers l’ouest, descend dans la vallée de l’Oued-Dahs où elle est limitrophe de la tribu de l’Oued-bou-Selah.

Elle remonte ensuite jusqu’à la crête du Djebel-Sidi-Messaoud, franchit à leur tête les ravins qui en descendent, coupe la prairie de Bellâa à la tête du ruisseau dit Oued-Tadjenant (Saint Donat), là sont les Eulma. Conservant sa direction ouest, elle passe au pied du Djebel Slila , à l’Oued-Djerman, traverse la grande plaine d’El-Bahara, passe à l’ouest de la source d’eaux chaudes de Sokhna et atteint les bords du lac salé dit Sebkha-Saïda. Dans toute cette plaine ils ont les Eulma pour voisins.

La limite reprend ensuite à partir de Teniet-Roumada, sur le bord oriental de la Sebkha, se dirige alors vers l’est en suivant le chemin de Sétif à Aïn-Soullan qui les sépare des Oulad- Saïd-ben-Selama du Hodna, puis des Oulad-bou-Aoun, jusqu’au col de Acheraf. Passe sur la crête du Djebel- Agmerouèl, redescend à Bir-ben-Khelifi et de là se dirigeant vers le nord, en laissant Aïn-Soultan et l’Oued-bouR’ezal à droite ; fait quelques crochets dans la vaste

plaine des Sebakh pour arriver au Teniet-Sedra et au Djebel-Mokla-el-Hadjar comme le décrit Féraud dans sa notice sur la province de Constantine. Reprenant alors la direction est, elle suit la crête du Djebel-Tizourit, passe au puits dit Bir-beh-Zireg, remonte au nord vers les mamelons rocheux de Daïat jusqu’à Teuiel-Sai’da , près du Djebel- Guedman. Le territoire limitrophe, jusqu’à ce point, appartient aux Sahari.

De Teniet-Saïda elle revient vers le nord, traverse la  plaine du Gabel-Tafrent jusqu’au ravin de Djebanl-Oulad-Bahïa, laissant une partie des Telarma à sa droite. Remonte le Chabel-bent-Kâam à travers un pays couvert de broussailles, qui le sépare de la tribu des Berrania, descend ensuite dans la plaine qui s’étend à l’est de Mechira, franchit plusieurs mamelons, et atteint les bords de l’Oued-Bordj-Hariz, coupe la roule de Sétif à Constantine, et arrive enfin au Djebel-Grous,    laissant à sa droite l’ancien télégraphe aérien construit sur le flanc de cette montagne. Ravins, cours d’eau. — Tout ce qu’on appelle chabet ou ravin ne consiste qu’en torrents intermittents, pres- que toujours à sec, mais qui conservent cà et là des flaques d’eau, dont quelques-unes persistent jusqu’au milieu de l’été. Dans les plaines du Tell et des Sebakh les ravins prennent le nom de R’edir ou de Feïd.

Le territoire des Oulad-Abd-en-Nour est parcouru, dans presque toute sa longueur, par les eaux du fleuve qui baigne le pied de Conslantine, où il porte le nom d’Oued Rhumel. Il se jette ensuite à la mer sous le nom de Oued-el-Kebir (Ampsaga des anciens).

DES RACINES ET DES ARBRES GENEALOGIQUES

Pour revenir à la descendance des Ouled Abdenour dont le socle est berbère, c’est-à-dire Amazigh, comme nous l’avons dit précedemment, s’est étoffé par la venue des Fatihines où l’élément arabe à travers les Banou Hillal, partis d’Egypte en 441 de l’Hégire soit en 1049 de J.C où une familles Ayads de la tribu des Athbetj composée de cinq fractions :Ouled Tebban,Ahl El Moual, Ahl Ben Taleb Hamma,Ouled Khamdja qui se sont installés à Righa vers 1065.

La descendance de la tribu de Righa avait pour descendance un certain Yahia Messahel, descendant d’un chef Hammadite qui appela d’autres familles à s’installerà Righa telles les Ouled Bouterâa venus de Saouala de Biskra, les Béni Chebek venus de Trouna du Sahel, les Ouled Seghir, les Ouled Métaâ,les Ouled Saber venus des Houameds du Hodna.

Selon les généaologistes de l’époque, Yahia Ben Messahel eut six fils : Smaïl, Braham,Mohamed, Moussa,Ammar et Aïssa qui ont fondé les six familles suivantes : les Ouled Braham descendant de Braham Ben Yahia,les Ouled Bibi ou Zeghaba descendants de Mohamed et SmaIl Benyahia,les Mouassa, Adjazj et Bouslama descendants de Moussa

Benyahia, Moussa Bousbaâ, Ouled Madaci, descendants de Ammar Benyahia. Au point de vue généalogique la légende dit que le fils de Yahia Ben Messahel aurait recuelli un enfant au nom d’Ouadfel t l’adopta.

On raconte que cet enfant devenant adulte dut plaire aux Turcs qui le placèrent à la tête de la Tribu de Righa.Son habileté le fit bientôt accepter par les différentes fractions pour se placer sous son commandement. Les descendants des Ouedfals sont les Guessoum,les Saâdas, les Messaoud,les Bouabdellah,les Mohamed Ben Gussoum,les Saâd et les M’barek.Ce n’est qu’à la fin du XVIIe siècle que Righa se scinda en deux parties : les Righa dhara(Nord)et les Righa gbala(Sud). En appluication  du Sénatus Consultes du 22 Avril 1863, il a été constitué :

Les Righa Dhara :Douar Ouled Tebban,Douar Braham, Douar Ouled Si Ahmed, Bled Larbâa, Ouled Abdelwahab,Aïn Titest, Bled Mahbouba, Blad Ras al Ma, Ouled Mehalla,Gueblet Zadia, Ouled Bouterâa,Chot al Mallah, Kharbet Ksar Tir.

Les Righa Gbala : Douar Bir Haddada, Sebkha, Friket, Sekrin,Rasfa,Boutaleb,Tanezret,Hamma.Les Ouled Mosly venus des Bibans en faisaient partie. De même que les Ouled Bounab, les Ouled Ammar et les Ouled Saïd.Il faut dire que durant l’insurrection d’El Mokrani de 1871, la tribu des Righa Gbala sous la kaïdat de Seghir Benlaroussi se rallia à Al Mokrani.

La tribu fut frappée de sequestre et les résistants furent déportés en Nouvelle Calédonie. Les deux parties de Righa se réunissent à nouveau à Aïn Oulmane sous la chefferie de Boutaleb. Telle est brièvementcette approche généalogique des Ouled Abdennour.