Les 22 chefs historiques du Front de Libération National

Si Mostefa Ben Boulaid

Othmane Belouizdad

Ramdane Benabdelmalek

Benmostefa Benaouda

Lakhdar Bentobal

Rabah Bitat

Zoubir Bouadjadj

Said Bouali

Ahmed Bouchaïb

Mohamed Boudiaf

Boudjemaa Souidani

Abdelhafid Boussouf

Lyès Deriche

Didouche Mourad

Abdessalam Habachi

Abdelkader Lamoudi

Larbi Ben M’Hidi

Mohamed Mechati

Slimane Mellah

Mohamed Merzoughi

Badji Mokhtar

Zighoud Youssef https://youtu.be/1CEvoHbS4RU

Code de l’indigénat dans les colonies 17/10/2021

Plus d’un siècle de répression

Il y a 77 ans, le gouvernement provisoire français mettait fin au régime de l’indigénat dans l’empire colonial. Pendant plus d’un siècle, les populations autochtones ont été soumises à des peines spéciales.

la fin du régime de l’indigénat en février 1946. 

Interdiction de quitter sa commune sans permis de voyage, de tenir des propos offensant envers un agent de l’autorité, obligation d’obéir aux ordres de corvées, de transport ou de réquisition d’animaux, règles vestimentaires à respecter…

On l’a appelé le « Code de l’indigénat ». Mais c’était plutôt un régime uniquement réservé aux populations autochtones – aux « indigènes » –, une série de réglementations, différentes selon les colonies, conçues comme exceptionnelles, dérogatoires et transitoires, et qui ont été reconduites dans l’empire colonial français du milieu du XIXe siècle au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.  

Justice à deux niveaux

Les premières législations « spéciales » sont mises en place en Algérie, dès le début de la conquête. En 1834, quatre ans après le débarquement des troupes françaises à Sidi-Ferruch (14 juin 1830), le commandement militaire et le gouverneur général se voient attribués des pouvoirs de « haute police ». Ils peuvent désormais prononcer internements, amendes ou séquestres comme bon leur semble.

En 1844, le maréchal Bugeaud, vainqueur contre les troupes de l’émir Abd el-Kader, devenu gouverneur général, liste les infractions possibles (refus d’accepter de la monnaie française, voie de fait contre un chaouch…) et détermine les sanctions (amendes, prison, internement) susceptibles de leur être appliquées. Le soulèvement en Kabylie en 1874 va pousser la France à renforcer le dispositif et à réglementer plus précisément les infractions spéciales, non punies par les lois pénales françaises. 

En 1881, le régime de l’indigénat est codifié. Au printemps, un projet de loi « qui confère aux administrateurs des communes mixtes en territoire civil la répression, par voie disciplinaire, des infractions spéciales à l’indigénat » entre en discussion au Parlement, d’abord à la chambre des députés, puis au Sénat.

Respectée et obéie par les indigènes

Le quotidien « le Temps » relate les débats parlementaires sans y trouver rien à redire :

« On a reconnu que, pour être respectée et obéie par les indigènes, l’administration civile avait besoin de pouvoirs disciplinaires. Mais les pouvoirs que le projet de loi lui accorde sont beaucoup moindres. Les seules peines appliquées seront des peines de simple police. Ajoutons que la répression par voie disciplinaire portera exclusivement sur les infractions spéciales de l’indigénat, c’est-à-dire aux règlements spéciaux aux indigènes. Ces règlements dont le maréchal Bugeaud est le premier auteur ont créé ou plutôt consacré pour les indigènes un régime spécial, quant aux obligations et aux délits.Par exemple, l’obligation de payer les courriers, de donner l’hospitalité aux agents du gouvernement et le délit disciplinaire du refus de la corvée, du refus de payer les contributions, et de répandre de mauvais bruits contre l’autorité française, etc.Le pouvoir disciplinaire permet de réprimer administrativement, et par suite, immédiatement et sans les lenteurs de la justice, les infractions à ce qu’on appelle le Code de l’indigénat.

Au mépris du droit français

La loi, promulguée le 28 juin 1881, est applicable en Algérie, pour une durée initiale de sept ans. L’indigène peut ainsi être puni d’une amende, d’une peine d’internement ou de la réquisition de ses biens sans passer par la case justice. Les sanctions collectives sont également possibles. Le nombre d’infractions est fixé à 41 (il retombera à 21 en 1888 et à 8 en 1914). Au sein de la longue liste, on trouve la réunion sans autorisation pour pèlerinage ou repas public et le rassemblement de plus de 25 personnes de sexe masculin.

« Cette justice répressive n’est pas seulement spéciale parce qu’elle ne concerne que les indigènes et crée de nouveaux délits et de nouvelles peines, écrit l’historienne Isabelle Merle dans un article de la revue « Politix » (« De la « légalisation » de la violence en contexte colonial. Le régime de l’indigénat en question », 2004). Mais aussi parce qu’elle peut être exercée par l’autorité administrative – échelons supérieurs (gouverneurs) ou intermédiaires (administrateurs, chefs de cercle ou de district, chefs indigènes) – au mépris d’un principe fondamental du droit français, à savoir l’exigence d’une séparation des pouvoirs judiciaire et administratif, garantie des libertés publiques ».  

De Gaulle à Brazzaville

A partir de 1881, le régime de l’indigénat est peu à peu adopté dans tout l’empire. En Cochinchine, en Nouvelle Calédonie, au Sénégal, dans le reste de l’Afrique occidentale française (AOF), à Madagascar… Le Togo, l’ancienne colonie allemande « récupérée » par les Français après la Première Guerre mondiale, est le dernier pays à le mettre place en 1923.

Mais la législation d’exception ne résistera pas à la Seconde Guerre mondiale. Un an et demi avant la fin du conflit, le Comité français de la libération nationale (CFLN), successeur de La France libre et installé à Alger, décide d’organiser une conférence à Brazzaville, la capitale de l’actuelle République du Congo, afin de se pencher sur le devenir de l’empire. Elle se tient du 30 janvier au 8 février 1944.La suite après la publicité

« L’Echo d’Alger » a mené campagne contre Maurice Viollette (le ministre de Léon Blum qui a voulu accorder la citoyenneté et le droit de vote aux élites algériennes) et sera un farouche partisan de l’Algérie française. Mais le quotidien ne s’alarme pas de cette conférence « qu’on a appelée à tort conférence impériale, écrit-il, et qui est en réalité une conférence africaine française où seront représentées toutes nos possessions d’Afrique ». Il annonce que seront examinées :« Les questions de politique indigène et notamment le rôle des Européens et leur place en Afrique dans la colonisation, l’assistance médicale orientée vers le soin et la présentation des masses, l’organisation du statut des évolués et de celui de la citoyenneté, le régime général, l’orientation et les buts de l’enseignement indigène. »https://retronews.fr/embed-journal/l-echo-d-alger/15-janvier-1944/30/1294249/2?fit=437.1561.295.1525

 « Il n’y aurait aucun progrès qui soit un progrès… »

Le même « Echo d’Alger » célèbre en une le général de Gaulle, président du Comité français de la libération nationale (CFLN), « parti d’Alger lundi par avion ». Le journal le conspuera quinze ans plus tard, à la fin de la guerre d’Algérie, pour avoir engagé le pays dans la voie de l’indépendance. Il sera définitivement interdit en mai 1961 après avoir pris fait et cause pour le putsch des quatre généraux Zeller, Challe, Jouhaud et Salan.https://retronews.fr/embed-journal/l-echo-d-alger/26-janvier-1944/30/1530851/1?fit=56.188.962.1190La suite après la publicité

Dans son discours d’ouverture de la conférence, le 30 janvier, le général de Gaulle n’est pourtant guère éloigné des ambitions du projet, avorté, de Léon Blum et Maurice Viollette :« En Afrique française, comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n’y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n’en profitaient pas moralement et matériellement, s’ils ne pouvaient s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C’est le devoir de la France de faire en sorte qu’il en soit ainsi. »

 « Honteuse survivance des premiers temps de la colonisation »

La conférence de Brazzaville sera perçue avec le recul comme un embryon du processus de décolonisation. Le 7 mars 1944, le Comité français de libération nationale (CFLN) met fin au régime de l’indigénat en Algérie. Après la guerre, le gouvernement provisoire s’attelle à le démanteler dans le reste de l’empire. Le quotidien « Ce soir » célèbre l’événement en une :« Un décret paru, ce matin, à ‘l’Officiel’, annonce la suppression, à dater du 1er janvier 1946, du Code de l’indigénat, honteuse survivance des premiers temps de la colonisation, permettant de frapper les indigènes de peines disciplinaires par mesure administrative. Seuls, les tribunaux réguliers pourront à l’avenir décider des sanctions en cas de délits commis dans les territoires d’outre-mer. Les démocrates luttaient depuis des années pour cette réforme. » https://retronews.fr/embed-journal/ce-soir/27-decembre-1945/19/1234003/1?fit=83.121.622.344

Un mois plus tard, le décret numéro 46-277 du 20 février 1946, signé du président du gouvernement provisoire de la République, Félix Gouin, supprime les « peines de l’indigénat », internements et autres sanctions collectives, en « Afrique occidentale française, en Afrique équatoriale française, au Cameroun, au Togo, à la côte française des Somalis, à Madagascar et dépendances et en Nouvelle-Calédonie et dépendances ». La suite après la publicitéhttps://retronews.fr/embed-journal/journal-officiel-de-la-republique-francaise/22-fevrier-1946/831/2692231/17?fit=833.232.400.1536

L’abolition des délits et peines de l’indigénat fait partie des premières mesures prises par le gouvernement provisoire. De reconduction en réaménagement et nouvelles réglementations, le régime spécial aura duré plus d’un siècle. 

Si on ne capte pas la mémoire de nos grands-parents, elle partira avec eux

Lina Soualem, réalisatrice de « Leur Algérie »  : « Si on ne capte pas la mémoire de nos grands-parents, elle partira avec eux »

Dans un documentaire poignant, la jeune cinéaste sonde l’histoire psychique de son pays, faite d’exils et de refoulements, à travers les souvenirs de ses ascendants. Des sujets jamais évoqués et souvent douloureux.

Elle patiente sur un canapé, à l’ombre d’un grand tilleul dans l’espace presse du Festival du film francophone d’Angoulême. On ne s’attendait pas à ce que la réalisatrice de « Leur Algérie », un documentaire parfaitement abouti sorti en salle le 13 octobre (lauréat du prix Docs-in-Progress Award à Cannes), soit si jeune, 31 ans. Ni à retrouver les traits de ses parents, les acteurs Hiam Abbass et Zinedine Soualem, dans son visage si concentré. Si son père apparaît dans son projet, c’est sur ses grands-parents paternels que sa caméra se fixe pour tenter de mettre des mots sur l’indicible, et pour raconter leur histoire d’amour et leur exil.ACTUALITÉ DES MARQUES

Jeune Afrique : Comment vous êtes-vous lancée dans ce projet ?

Lina Soualem : J’ai eu envie de filmer ma grand-mère dès l’enfance, mais je me suis dit que c’était quelque chose que devait ressentir toutes les petites filles. Bien plus tard, mon père m’a annoncé que mes grands-parents se séparaient après 62 ans de mariage, ça a été un choc… Je me suis rendu compte que je ne savais rien de leur histoire et rien de leur intimité en tant que couple. J’ai eu peur que leur mémoire ne disparaisse. C’est ce qui m’a décidée à filmer.

Vous n’avez pas fait d’études de cinéma, comment vous y êtes-vous pris ?

J’ai d’abord simplement présenté mon film au Fidadoc, le festival marocain. J’ai gagné une résidence où j’ai pu discuter de mon projet avec des monteurs, des réalisateurs. Mais à mon retour en France, avant même d’avoir obtenu des financements, j’ai senti la nécessité de commencer à tourner. Des amis m’ont prêté une petite caméra numérique et un micro… et j’ai passé un mois et demi chez ma grand-mère à Thiers (ndlr : une commune du centre de la France, où beaucoup d’émigrés ont travaillé dans les manufactures de coutellerie). Mes grands-parents étant séparés, et vivant dans des immeubles qui se faisaient face, je voyais et filmais au début mon grand-père de loin. Mais c’était leur couple qui m’intéressait, et peu à peu je me suis rapprochée de lui. Au bout de trois ans de tournages, j’ai réussi à le faire doucement sortir de son silence.À LIRECinéma : le septième art algérien existe-t-il ?

On comprend rapidement que vos grands-parents ne réussissent pas à exprimer leurs sentiments.

Dire ce qu’on ressent, c’est impossible pour eux. Mon grand-père se taisait, ma grand-mère ne pouvait que rire de gêne quand j’abordais des questions intimes. Cela va au-delà de l’interdit, c’est culturel, générationnel, lié à leur milieu social aussi. La caméra m’a donné la force de chercher ce qu’il y avait derrière les non-dits.

ON PARLE DES ÉMIGRÉS, DES EXILÉS. MOI JE VOULAIS METTRE EN LUMIÈRE LA COMPLEXITÉ, RENDRE COMPTE DE SENTIMENTS, DE TRAJECTOIRES INDIVIDUELLES

Votre grand-mère finit par exemple par raconter comment elle a rencontré son futur mari.

Elle avait 15 ans, il en avait 19. Ils se sont retrouvés dans la même chambre sans se connaître… c’était comme cela que ça se passait dans les années 1950, dans les zones rurales de l’Algérie.

Il y a un autre amour qui reste difficile à exprimer : celui pour les parents laissés au pays.

Cela m’a énormément frappée. Voir qu’à plus de 80 ans chacun, mes grands-parents ressentaient toujours une douleur aussi vive en repensant à la séparation d’avec leurs parents. Mon grand-père était incapable de parler de ce moment, et détournait la tête quand je lui montrais les photos de sa famille. Ma grand-mère a fondu en larmes en évoquant sa mère, me disant : « Je n’ai pas pu la gâter. » Ce sont des traumatismes qui vous poursuivent toute une vie, et dont on ne parle pas en France. Ces vies ont été invisibilisées ou fondues dans une masse uniforme. On parle des émigrés, des exilés. Moi je voulais mettre en lumière la complexité, rendre compte de sentiments, de trajectoires individuelles, même si beaucoup de gens peuvent s’y reconnaître.

Comme le dit votre père dans le documentaire, il y a en arrière-plan un mythe, celui du retour en Algérie.

Mon grand-père est resté comme enfermé dans un espace intermédiaire… il n’était plus Algérien, et pas vraiment Français, c’était dur pour lui de s’enraciner de nouveau. C’est ça le drame de l’exil. Il y a toujours le fantasme de rentrer, mais alors ce serait renoncer à la retraite… aux droits pour lesquels on s’est sacrifié toute sa vie. Il a finalement été enterré à Thiers, près de son frère mort plus jeune. Mon père aussi a grandi avec cette idée du retour, il n’a demandé la nationalité française qu’à 28 ans.

Les grands-parents de Lina Soualem.

L’un des rares moments où le visage de votre grand-père s’illumine, c’est quand vous lui montrez des images que vous avez filmées dans son village, à Laaouamer.

Au début, il a cru que c’était des images de Thiers sous la neige… mais quand il a compris que c’était son village, il y a eu une lueur dans ses yeux. Je sais qu’il a parlé de mon voyage à toute le monde, qu’il était fier que j’ai été sur place rencontrer mes cousins. Peut-être était-il content lui aussi que la transmission ne soit pas rompue, et qu’il reste quelque chose de cette histoire. C’est une génération pour laquelle tout se transmettait de façon orale. Si on ne capte pas la mémoire de nos grands-parents, elle partira avec eux. Et leur histoire sera traitée en France comme une histoire parallèle.

Travaillez-vous déjà sur un autre projet ?

Oui… Ce sera également un documentaire. Je pars cette fois sur les traces de l’histoire de ma mère, née dans une famille palestinienne avec 9 autres enfants dans un village traditionnel de Galilée.

La secondarisation de l’impérialisme français

Le blog de Saïd Bouamama

Effets externes et internes de la « nostalgie d’empire »

Les récents coups d’État en Guinée et au Mali, ladite « crise des sous-marins français » avec l’Australie, le retrait des troupes états-uniennes d’Afghanistan sans aucune consultation avec les « partenaires » de l’OTAN, les sorties de Macron sur l’Algérie qui cultiverait une « haine » officielle contre la France, etc., sont autant d’indices d’une aggravation de la crise qui caractérise l’impérialisme français sur la scène internationale. Les manifestations populaires de ces dernières années contre le franc CFA, contre les accords de partenariat Économique de l’Union Européenne, contre la présence militaire française au Sahel, celles en soutien aux nouveaux dirigeants à Bamako ou à Conakry après leurs coups d’États, etc., confirment que le processus de secondarisation de l’impérialisme français, déjà ancien, a atteint un seuil qualitatif nouveau. Le capital financier français ne se résout, bien entendu, pas à cette secondarisation qui touche à la fois sa place…

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Mandela, adaptation d’Olivia Burton et Xavier Marchand, mise en scène de Xavier Marchand.

hottello

Crédit photo : Joseph Banderet.

Mandela, adaptation d’Olivia Burton et Xavier Marchand, mise en scène de Xavier Marchand.

Rappel de l’icône Mandela Nelson (1918-2013) par Benoît Dupin, Encyclopedia Universalis).

Mandela (1918-2013) est un fils de chef de tribu – goût de la liberté et du défi forgé entre camarades ; sa formation de chef à la cour du régent des Thembus qui l’a adopté à la mort de son père en 1927, le prépare à l’exercice d’un pouvoir politique. Formé dans les meilleurs établissements pour intégrer l’élite indigène, devenu un «Anglais noir», il s’affirme, envers et contre tous, Africain; en 1941, il gagne Johannesburg – grande métropole et cité de l’or. Dans les townships, Mandela et…

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17 octobre 1961 : Les 140 Algériens disparus en 1961 à Paris

17 octobre 1961

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17 octobre 1961 : Les 140 Algériens disparus en 1961 à Paris Empty 17 octobre 1961 : Les 140 Algériens disparus en 1961 à Paris

Message  Jazairi Ven 16 Oct – 18:04S’il n’est pas possible de déterminer exactement combien d’Algériens furent tués le 17 octobre 1961 et les jours qui suivirent, il reste que le chiffre de plusieurs centaines de morts, avancé par J-L. Einaudi dans son livre La Bataille de Paris à partir de l’étude de registres de cimetières, de témoignages et de documents internes du F.L.N., est le plus vraisemblable. De nombreuses archives administratives qui auraient été essentielles au dénombrement des victimes ont aujourd’hui disparu. Ceci explique pourquoi le rapport Mandelkern – commandité par le gouvernement et rendu public en 1998 – et le livre de J-P. Brunet, qui tous deux se fondent sur les archives existantes de la préfecture de Police, concluent à un nombre de morts bien inférieur – autour d’une quarantaine. Le rapport Mandelkern reprend du reste à son compte la version selon laquelle des tirs auraient été échangés entre les manifestants et la police.
17 octobre 1961 : Les 140 Algériens disparus en 1961 à Paris 091016050222708673
La liste des tués

Abadou Abdelkader
Noyé, date indéterminée

Abadou Lakhdar
Noyé le 17/10/61

Abbas Ahmed
Arrêté le 10/10/61. Inhumé le 9/12/61

Achemanne Lamara
Tué le 17/10/61

Adrard Salah
Tué le 17/10/61

Ait Larbi Larbi
Tué le 17/10/61

Akkache Amar
Tué le 28/09/61

Alhafnaoussi Mohamed
Retiré de la Seine le 27/09/61

Arehab Belaïd
Tué le 18/10/61

Barache Rabah
Retrouvé noyé le 30/09/61

Bedar Fatima
Noyée, repêchée le 31/10/61

Bekekra Abdelghani
Tué par balles; date indéterminée

Belkacemi Achour
Tué par balles le 18/10/61, inhumé le 7/11/61

Benacer Mohand
Tué le 08/10/61

Bennahar Abdelkader
Tué par balles, date indéterminée, inhumé le 7/11/61

Bouchadou Lakhdar
Noyé, retiré de la Seine le 21/10/61

Bouchebri
Arrêté le 02/10/61, décès annoncé le 12/10/61

Bouchrit Abdallah
Tué par balles, date indéterminée

Boussouf Achour
Noyé le 7/10/61, inhumé le 17/10/61

Chabouki Kassa
Arrêté le 25/09/61; repêché le 29/09/61

Chamboul Abdelkader
Tué le 02/10/61

Chaouch Raba
Tué par ballles, date indéterminée

Chemloul Amrane
Tué le 03/10/61

Chevalier Guy
Tué le 17/10/61

Dakar Ali
Noyé ; date indéterminée

Dalouche Ahmed
Tué par balles ; inhumé le 12/12/61

Daoui Si Mokrane
Tué le 17/10/61

Derouag Abdelkader
Noyé le 17/10/61

Deroues Abdelkader
Tué le 17/10/61 ; inhumé le 31/10/61

Djebali Mohamed
Arrêté le 15/09/61 ; tué, date indéterminée

Douibi Salah
Tué le 17/09/61

Ferdjane Ouali
Noyé le 14/910/61

Ferhat Mohamed
Tué par balles ; date indéterminée

Gargouri Abdelkader
Tué par balles ; date indéterminée ; inhumé le 10/11/61

Garna Brahim
Tué le 18/10/61

Guenab Ali
Arrêté et tué le 03/10/61

Guerral Ali
Tué par balles, date indéterminée

Habouche Belaïd
Tué le 22/09/61

Haguam Mohamed
Noyé, date indéterminée

Hamidi Mohand
Tué le 11/10/61 ; inhumé le 18/10/61

Hamouda Mallak
Tué le 11/10/61

Houbab Lakdhar
Noyé le 17/10/61

Kara Brahim
Blessé le 18/10/61 ; mort le 21/10/61 ; inhumé le 09/11/61

Kelifi
repêché le 30/10/61

Kouidji Mohamed
date indéterminée

Lamare Achemoune
Tué le 17/10/61

Lamri Dahmane
Tué le 05/10/61

Laroussi Mohamed
Noyé ; date indéterminée

Lasmi Smaïl
Tué le 08/10/61 ; inhumé le 10/11/61

Latia Younès
Noyé le 06 ou 07/09/61

Loucif Lakhdar
Noyé ; date indéterminée

Mallek Amar
Arrêté le 17/10/61 ; décès annoncé le 21/10/61

Mamidi Mohand
Tué le 11/11/61

Mehdaze Cheriff
Tué le 27/09/61

Merakeb Mohamed
Tué le 02/09/61 ; repêché le 10/10/61 ; inhumé le 21/10/61

Merraouche Moussa
Tué le 10/10/61

Messadi Saïd
Tué le 27/09/61

Meziane Akli
Dis le 17/10/61 ; inhumé le 25/10/61

Meziane Mohamed
Tué le 17/10/61

Ouiche Mohamed
Tué le 24/09/61

Saadadi Tahar
date indéterminée

Saidani Saïd
Tué le 17/10/61

Slimani Amar
date indéterminée

Smail Ahmed
Tué le 27/09/61

Tarchouni Abdelkader
Tué le 09/10/61

Teldjoun Aïssa
Noyé ; date indéterminée

Telemsani Guendouz
Tué le 17/10/61 ; inhumé le 04/11/61

Theldjoun Ahmed
Tué le 18/10/61

Yahlaoui Akli
Tué par balles ; inhumé le 07/11/61

Yahiaoui Larbi
Tué le 17/10/61

Zebir Mohamed
Tué par balles ; inhumé le 07/11/61

Zeboudj Mohamed
Tué le 11/09/61

Zeman Rabah
Tué le 11/09/61

Liste des disparus

Abbes Si Ahmed
18/10/61

Achak Elkaouari
18/10/61

Adjenec Hocine
date indéterminée /10/61

Aisani Mohamed
17/10/61

Aitzaid Mehena
17/10/61

Alilou Saïd
29/09/61

Aoumar Saïd
17/10/61

Arabi Achour
17/10/61

Baali Abdelaziz
17/10/61

Belahlam Rabah
date indéterminée, /10/61

Belhouza Areski
date indéterminée

Ben Abdallah Mohamed
17/10/61

Ben Abdel Halim
17/10/61

Benouagui Omar
20/10/61

Berbeha Rabah
18/10/61

Bouchouka
date indéterminée

Boukrif Saïd
17/10/61

Boulemkahy Abdellah
17/10/61

Boumeddane Rabah
17/10/61

Boussaid Ahmed
17/10/61

Chaouche Rabah
17/10/61

Chelli Lounis
date indéterminée

Chemine Azouaou
17/10/61

Cherbi Areski
17/10/61

Dehasse Aïssa
10/10/61

Drif Akli
17/10/61

Fares Mohamed
17/10/61

Ferhi Saïd
10/10/61

Gacem Abelmadjid
17/10/61

Ghezali Ahcene
date indéterminée, /10/61

Gides Lakhdar
17/10/61

Guattra Ali
17/10/61

Hadj Ali Saïd
17/10/61

Hamdani Hocine
17/10/61

Hamidi Titouche
26/10/61

Ioualalene Kassi
17/10/61

Izerou Saïd
17/10/61

Kalfouni Ahmed
18/10/61

Kakhal Ahmed
21/10/61

Ketffa Mohamed
17/10/61

Khadraoui Mohamed
17/10/61

Khalfi Ahmed
23/10/61

Khlifi Ahmed
18/10/61

Laazizi Cherif
17/10/61

Lamchaichi M’hamed
18/10/61

Medjahi Abdelkader
17/10/61

Medjahdi Abdelkader
17/10/61

Mermouche Rabah
18/10/61

Messaoudi Saïd
17/10/61

Meszougue
17/10/61

Metraf Chabane
18/10/61

Milizi Hocine
17/10/61

Moudjab Mohamed
15/10/61

Ould Saïd Mohamed Saïd
17/10/61

Ouzaid Mohand
17/10/61

Reffas Mohamed
14/10/61

Sadi Mohamed
22/09/61

Salhi Djeloule
17/10/61

Si Amar Akli
18/10/61

Slaman Rachid
20/10/61

Soualah Mustapha
17/10/61

Tebal Tahar
date indéterminée , /10/61

Yali Amrane
20/10/61

Yanath Mani
fin 10 – début 11/61

Yekere Chabane
17/10/61

Yosfi Mabrouk
17/10/61

X (domicilié 121 rue Georges Triton, Gennevilliers)
17/10/61

X (domicilié 37, avenue Lot-Communaux, Gennevilliers
الله يرحم الشهداء
المجد و الخلود لشهدائنا الأبرار

Jugé pour propos haineux envers les femmes

Jugé pour propos haineux envers les femmes sur Facebook : « Les hommes n’ont plus leur place dans la société, c’était mieux avant »

Sami Haenen, un Flémallois âgé de 44 ans poursuivis devant la cour d’assises de Liège pour des faits assimilés à un délit de presse, a évoqué lundi matin lors de son interrogatoire l’importance de bénéficier d’une liberté d’opinion. Il réclame « un droit de mesure », alors qu’il est poursuivi pour un délit de presse et que des personnes qui l’auraient menacé n’ont jamais été inquiétées par la justice.

Né à Liège, Sami Haenen a vécu essentiellement avec sa mère durant sa jeunesse. Dans son entourage familial, il a une sœur plus âgée que lui, deux frères plus jeunes et encore une autre sœur plus jeune. L’accusé a effectué ses études en région liégeoise et a terminé ses études secondaires. Il a travaillé comme agent de gardiennage et a été condamné à deux reprises. Sami Haenen a dit avoir beaucoup d’amis, dont la plupart sont virtuels. Il a également évoqué ses différentes relations affectives, dont une lors de laquelle il estime avoir été trahi. « Cette femme souffrait de diabète et disait être malade, mais elle sortait avec d’autres hommes. Elle m’a même extorqué de l’argent et fait du chantage en menaçant de se prostituer. Elle m’a raconté avoir été violée et je me suis battu avec le violeur présumé, avant de réaliser qu’elle avait menti« , a-t-il indiqué au sujet d’une de ses précédentes compagnes.

Les médias parlent beaucoup de féminisme mais pas beaucoup de ce que peuvent vivre certains hommes au quotidien.

Sami Haenen a confirmé qu’il était un adepte des réseaux sociaux. « Exprimer mon opinion est quelque chose d’important. Je parlais de l’hypersexualisation de la société, avec la banalisation de tenues provocantes chez des jeunes filles qui peuvent conduire à des drames. Je parlais du fait que les femmes ont un pouvoir de séduction beaucoup plus élevé que les hommes. Vingt pour cent des hommes ont encore un pouvoir de séduction alors que 80% ne sont pas désirés par les femmes. Les hommes se sont retrouvés de plus en plus dans la misère sexuelle et affective. Les médias parlent beaucoup de féminisme mais pas beaucoup de ce que peuvent vivre certains hommes au quotidien. Quand une femme veut manipuler, ce n’est pas interdit par la loi. Il y a un souci. Un homme n’est pas protégé de tout cela« , a exposé l’accusé en évoquant le statut des « Incels », les célibataires involontaires.



Sami Haenen a dit avoir vu déferler sur lui un torrent de haine, d’insultes et de menaces lorsqu’il a exprimé ses idées sur les réseaux sociaux à l’égard des femmes. C’est pour cette raison qu’il aurait proféré les propos pour lesquels il comparaît. « Comme je me sentais menacé, j’ai écrit ces choses-là. J’étais énervé et inquiet, car je me sentais en danger de mort. Dans la crainte, j’ai écrit ces statuts-là pour dissuader les gens de venir m’agresser. Je sais que c’est une bêtise, mais je me suis senti en danger. J’ai voulu faire peur aux gens pour éviter d’être menacé. Je n’ai aucune arme chez moi dans le but de commettre ce genre de fait. J’ai dit cela uniquement pour qu’on me laisse tranquille« , a expliqué l’accusé.

Il y a chaque jour une volée de gens qui publient des commentaires sur les réseaux sociaux qui sont punissables

« Je déplore de ne pas avoir bénéficié d’un droit de mesure. Toutes ces personnes qui m’ont menacé de mort n’ont rien eu. Alors que moi, j’ai été envoyé en prison« , a encore ajouté Sami Haenen. Pour expliquer les circonstances de son arrestation musclée, alors qu’il avait reçu les policiers armés d’une batte de base-ball, Sami Haenen a exposé qu’il se sentait encore menacé et qu’il n’avait pas réalisé que des policiers se présentaient chez lui. Sami Haenen a ajouté qu’il souhaite reprendre une vie normale après ses périodes de détention, simple ou sous régime du bracelet électronique. Il souhaite retrouver un travail. « Je n’ai pas l’impression de souffrir d’un problème psychologique. Il y a juste les relations avec les femmes qui posent problème. La société actuelle fait que les hommes n’ont plus leur place dans la société. Je trouve que c’était mieux avant« , a conclu l’accusé.

Pour son avocat, Maître Alexandre Wilmotte, la crainte est aussi d’avoir ici un procès « pour l’exemple » :  » La crainte que nous pouvons avoir est qu’on tente de faire un exemple dans cette affaire. Ce serait un très mauvais exemple car en réalité il y a chaque jour une volée de gens qui publient des commentaires sur les réseaux sociaux qui sont punissables bien plus que ceux qui ont été tenus par mon client. C’est donc un peu particulier de voir qu’il est le seul à se retrouver devant une juridiction d’assises et, comme il l’a expliqué, il trouve que tout ceci est un peu injuste puisque ses publications n’étaient que des réactions à des commentaires qu’il a reçus, des menaces de mort, des menaces de venir le tuer, de venir chez lui. Il a expliqué que c’est pour dissuader les gens de venir chez lui qu’il a effectué ses publications. Et donc on a une forme d’escalade, mais comme on y assiste très régulièrement sur les réseaux sociaux. Alors est-ce qu’il faut pour ça punir des gens pénalement ? Ça, ça m’apparaît quelque chose de beaucoup plus délicat et c’est ce qui fera l’objet des débats« , a souligné l’avocat.

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