(Tel-Aviv) visait une cible mouvante du Hezbollah … préparez-vous à la guerre

Liban: Tel-Aviv visait une cible mouvante du Hezbollah … préparez-vous à la guerre

Tel-Aviv visait une cible mouvante du Hezbollah, mais s’est buté aux nouvelles « règles d’engagement » : préparez-vous à la guerre

 

Il y a quelques jours, des avions à réaction israéliens ont violé l’espace aérien libanais (ce n’était pas les « vols de reconnaissance habituels », comme l’a prétendu le porte-parole officiel d’Israël) pour aller bombarder un convoi du Hezbollah (les camions chargés d’armes habituels) se dirigeant de la Syrie au Liban, selon une source bien informée. L’armée syrienne a alors utilisé un vieux système de missiles sol-air SA-5 (S-200) pour lancer un missile contre les avions israéliens dans le ciel libanais, afin de détourner leur attention de la cible mouvante. Cette réaction syrienne constituait une menace directe, ressentie comme telle par le commandement israélien, contre les avions israéliens qui ont réussi à éliminer le missile. L’armée de l’air israélienne a ensuite ordonné aux avions de retourner à leur base aux fins d’évaluation. Une heure plus tard, Tel-Aviv a ordonné que des avions survolent les hauteurs du Golan occupé et visent un poste militaire syrien fixe en guise de représailles, en ne prêtant plus attention au convoi du Hezbollah.

Le commandement syrien n’a pas décidé sur-le-champ de prendre pour cible des avions israéliens au-dessus du Liban ce jour-là. Cette décision a été prise lors d’une réunion des dirigeants de la Syrie, du Hezbollah et de l’Iran, qui ont convenu d’adopter des mesures graduelles contre Israël pour qu’il comprenne le message.

Il y a une dizaine de jours, les batteries antiaériennes syriennes ont tiré sur des avions israéliens qui violaient l’espace aérien syrien. Quelques jours plus tard, la Syrie a abattu un drone israélien. Dernier élément, mais pas le moindre, la Syrie a lancé un missile SA-5 (retiré du service par la Russie depuis des décennies) contre des avions israéliens.

C’est ainsi que le Hezbollah procède (qu’on pourrait qualifier « d’effet boule de neige ») à chaque bataille ou guerre contre Israël, afin d’éviter de brûler des ponts et d’évaluer la réaction de l’ennemi. Aujourd’hui, la même tactique est employée en Syrie, où l’expérience acquise par le Hezbollah, qui ne cesse d’augmenter, est mise aussi à profit par le haut commandement syrien qu’il a intégré. Pour combattre Israël, les obstacles frontaliers entre le Liban et la Syrie ont été levés, probablement pour de bon.

Le premier message est on ne peut plus clair : selon la source, s’il y a une nouvelle confrontation ou guerre entre le Hezbollah et Israël, le ciel au-dessus du Liban et ses frontières avec Israël et la Syrie formeront un même front. Le second message, qui est le plus important, c’est que l’armée syrienne est plus sûre que jamais de sa victoire : la Russie a établi des zones de désescalade, Al-Qaeda est contenu pour le moment et Daech (le groupe armé « État islamique) ne détient plus qu’un parcelle du territoire qu’il occupait, en étant confiné au nord-est le long de la frontière entre la Syrie et l’Irak.

Pour le moment, la puissance de l’armée syrienne semble pratiquement illimitée. Elle compte plus de 200 000 hommes (armée, forces nationales et alliés y compris), pour la plupart des combattants d’expérience bien entraînés. Après six ans de guerre dévastatrice, ils donneront sûrement leur assentiment à Damas s’il s’engage contre Israël au moment jugé propice à toute bataille à venir, peu importe les conséquences. La Syrie est déterminée à libérer les hauteurs du Golan et se tiendra aux côtés du Hezbollah (et vice versa) dans toute guerre future.

La Russie a annoncé la mise à jour du système de défense antiaérienne de la Syrie. Israël a entendu le message que ce système pourrait être utilisé à tout moment, à la discrétion des Syriens. La Russie a également fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention d’intervenir dans toute guerre entre la Syrie et Israël et que, par conséquent (notez le message subtilement confus qui suit!), elle ne voit rien de mal à ce que Damas utilise des missiles russes pour se défendre, de la même façon qu’Israël frappe la Syrie et le Hezbollah en invoquant « sa légitime défense et sa sécurité nationale ».

Quant au président syrien Bachar al-Assad, il est convaincu que la présence russe contribue à maintenir l’unité de la Syrie et il compte sur le Hezbollah et le Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui l’ont appuyé durant la guerre, pour qu’ils l’aident à reprendre l’ensemble du territoire syrien. Assad attend avec impatience le moment où il se retrouvera aux côtés de « l’axe de la résistance » (dont il fait partie), en cas de menace. Ce qu’a fait Assad en ouvrant ses magasins d’armes au Hezbollah en 2006 peut maintenant être perçu comme un petit geste appartenant au passé. Dans la prochaine lutte contre Israël, Assad va engager toute l’armée syrienne dans la bataille, pour faire la guerre côte à côte avec le Hezbollah (secrétaire général Sayyed Hassan Nasrallah).

De son côté, Israël tentera de maintenir le « ciel ouvert » et d’empêcher l’existence même d’un espace libanais distinct. La Syrie va persévérer dans sa volonté de tirer sur des avions israéliens (quand il seront à portée du système de défense antiaérienne syrien) et les prendra pour cibles même si elle a peu de chance de les abattre.

La décision est prise : si on en vient à la guerre, la Syrie et le Liban vont s’engager dans une guerre à grande échelle et sans merci contre Israël. C’est une décision politique et militaire qui émane des dirigeants syriens et de leurs alliés. Cette décision traduit le refus de Damas de tendre la joue gauche vers Israël (comme par le passé), même si cela porte atteinte à la sécurité de la Syrie et rend son territoire et son espace aérien vulnérables, y compris l’espace aérien libanais, qui entre maintenant dans la balance. Pour sa part, Israël estime que toute guerre future contre le Hezbollah embrasera tout le Liban et la Syrie et engagera toutes les forces de ses alliés actives au Levant. La Syrie, qui est en meilleure posture que jamais depuis les six dernières années, peut aujourd’hui de façon réaliste et explicite considérer toute menace contre le Liban comme une menace contre Damas.

Israël a compris les nouvelles règles d’engagement et a lancé ses roquettes à partir des territoires qu’il occupe sur les hauteurs du Golan, plutôt qu’au-dessus du ciel syrien ou libanais. Ce qui ne veut pas dire qu’Israël n’essayera pas de nouveau. Sauf que ses dirigeants savent que dorénavant, la « promenade » est terminée. D’ailleurs, à la suite du lancement du missile syrien, Israël a aussitôt déclaré qu’il n’avait « aucun intérêt à pousser à une escalade ».

C’est aussi une indication qu’Israël n’est pas prêt. Israël n’est pas préparé sur le front interne. Le Hezbollah a pris énormément d’expérience de guerre en Syrie et le Corps des Gardiens de la révolution islamique maintient ouvertement une présence en Syrie (une présence opérationnelle, avec ses drones armés modernes et ses forces terrestres). Mais il y a plus encore. Donald Trump n’a pas l’intention de s’engager dans une guerre au Moyen-Orient, ni pour les Kurdes (qui veulent leur indépendance), ni pour les Arabes, ni pour Israël (qui veulent désespérément une défaite de l’Iran et du Hezbollah).

La guerre en Syrie est sur le point de se terminer après six longues années. La nouvelle équation qui en découle ne favorise pas Israël. Tel-Aviv va continuer de vociférer contre l’Iran et le Hezbollah. Mais ses actions se limiteront à des opérations de sécurité et à des frappes sporadiques, car il y en a qui ont le doigt sur la gâchette et qui sont prêts à user de représailles, tout en prenant de la force. Lorsque Nasrallah a dit « il y a des centaines de milliers d’hommes prêts à combattre Israël si une guerre est engagée », il savait qu’il est parvenu à établir un front uni avec la Syrie et tous ses alliés, prêt à combattre comme un seul corps. Il est certain qu’Assad et Nasrallah voudront reprendre les territoires syriens et libanais sous occupation israélienne. Sauf qu’ils ont dorénavant de plus en plus les moyens d’y parvenir.

Plus de 100 000 Kurdes ont fui l’agitation de Kirkouk

Plus de 100 000 Kurdes ont fui les troubles de Kirkouk

Plus de 100 000 Kurdes ont fui les troubles de Kirkouk

Des milliers de civils ont fui les districts kurdes pour échapper aux combats. [Getty]

Plus de 100 000 Kurdes ont fui Kirkouk depuis la prise de contrôle de la province par les forces irakiennes, ont annoncé jeudi des responsables du gouvernement régional du Kurdistan (KRG).
Plus de 100 000 Kurdes ont fui Kirkouk depuis la prise de contrôle de la province par les forces irakiennes, ont annoncé jeudi des responsables du gouvernement régional du Kurdistan (KRG).

Cette semaine, les forces irakiennes et les milices alliées ont pris le contrôle de la province de Kirkuk, dans le nord du pays, et de ses champs de pétrole lucratifs, ainsi que des zones anciennement contrôlées par les Kurdes de Ninive et de Diyala.

Les progrès ont été les derniers dans une opération rapide au cours des derniers jours qui a vu les autorités centrales récupérer le territoire clé comme les forces kurdes se sont retirées avec peu de résistance.

Des milliers de civils ont fui les districts kurdes pour échapper aux affrontements, se dirigeant dans des bus et des voitures en direction de la région du Kurdistan.

Environ 18 000 personnes ont trouvé refuge à Erbil et Sulaimaniya, a déclaré le gouverneur d’Erbil Nawzad Hadi aux journalistes.
Un de ses collaborateurs a déclaré à Reuters que le nombre total de personnes était d’environ 100 000 personnes.

L’opération, pratiquement sans effusion de sang, a été rétablie au contrôle de Bagdad sur le territoire occupé par les forces kurdes depuis 2003, laissant les Kurdes stupéfaits quelques semaines après la ferveur nationaliste du référendum sur l’indépendance qu’ils ont tenu au mépris du gouvernement central.

Les Kurdes ont perdu la quasi-totalité des 23 000 kilomètres carrés qu’ils avaient acquis depuis 2003, en partie dans le chaos du groupe de l’État islamique (IS) dans le nord de l’Irak en 2014.

Kirkouk n’est pas une des trois provinces qui ont fait partie de la région autonome kurde en Irak depuis l’invasion menée par les États-Unis en 2003 renversé dictateur Saddam Hussein .

C’est dans une zone contestée entre Bagdad et les Kurdes qui prétendent que c’est historiquement le leur, puisque les forces de Saddam les ont chassés et les ont remplacés par des Arabes.

Les Kurdes représentent les deux tiers de la population de Kirkouk, soit 800 000 personnes , dont 25% de Turkmènes et le reste de musulmans et de chrétiens arabes.

«Ingérence flagrante»

«Ingérence flagrante» : le Hamas dénonce l’injonction américaine de reconnaître Israël

«Ingérence flagrante» : le Hamas dénonce l'injonction américaine de reconnaître Israël
Membres de la délégation du Hamas après la signature de l’accord de réconciliation avec le Fatah au Caire le 12 Octobre 2017.

Les Etats-Unis exigent le désarmement du Hamas, ainsi que la reconnaissance de l’Etat d’Israël par l’éventuel futur gouvernement d’unité palestinien, dans le cadre de l’accord qu’il a signé le 12 octobre avec le Fatah.

L’administration américaine a énoncé le 19 octobre ses conditions pour accepter de traiter avec un potentiel gouvernement palestinien, à l’issue de la signature d’un accord historique entre le Fatah et le Hamas. Parmi ces conditions américaines : la reconnaissance d’Israël et le désarmement du Hamas.

«Les Etats-Unis répètent l’importance d’une adhésion aux principes du « Quartette » [pour le Proche-Orient, composé de l’ONU, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Russie] : tout gouvernement palestinien doit sans ambiguïté et de manière explicite prendre l’engagement de la non-violence, reconnaître l’Etat d’Israël, accepter les accords et les obligations passés entre les parties – y compris de désarmer les terroristes – et s’engager à des négociations pacifiques», a ainsi déclaré dans un communiqué Jason Greenblatt, l’émissaire pour le Proche-Orient du président américain Donald Trump.

Les Etats-Unis, comme l’Union européenne ou Israël, considèrent le mouvement islamiste palestinien Hamas comme une organisation terroriste.

C’est une ingérence flagrante dans les affaires palestiniennes

Parti au pouvoir à Gaza, le Hamas a aussitôt accusé l’administration Trump d’aligner ses positions sur celles d’Israël. «C’est une ingérence flagrante dans les affaires palestiniennes, notre peuple a le droit de choisir lui-même son gouvernement en fonction de ses intérêts stratégiques supérieurs», a dit à l’AFP Bassem Naïm, haut responsable du Hamas. «[L’administration Trump s’exprime] sous la pression du gouvernement d’extrême droite [israélien de Benjamin] Netanyahou et s’inscrit dans la droite ligne des déclarations de Netanyahou il y a deux jours», a-t-il ajouté.

De plus, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar, a déclaré que «personne au monde» ne pouvait forcer le mouvement islamiste à rendre les armes et à reconnaître Israël.

Un accord historique, aux conséquences incertaines

Un accord censé mettre fin à dix ans de divisions délétères entre le Fatah, laïc, et le mouvement islamiste Hamas, a été conclu le 12 octobre au Caire, pour mettre en place un éventuel Gouvernement d’unité palestinien. Les deux principales formations palestiniennes se sont entendues pour que l’Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue et censée préfigurer un Etat palestinien indépendant, assume à nouveau d’ici au 1er décembre toutes les responsabilités dans la bande de Gaza dont elle avait été évincée par le Hamas en 2007.

Le scepticisme reste largement répandu quant à la constitution d’un tel gouvernement. Mais, pour la communauté internationale, une réconciliation peut éclaircir l’horizon du conflit israélo-palestinien, avec des retombées régionales potentiellement significatives, alors que les efforts de paix sont au point mort depuis plus de trois ans.

Transformer des bus en salles de torture

Palestine occupée : transformer des bus en salles de torture

 

 2017 – Un Palestinien kidnappé par les troupes israéliennes d’occupation sur le parvis de la Mosquée –

La mosquée al-Asqa de Jérusalem – l’un des sites les plus saints de l’Islam – a été l’objet de beaucoup d’attention durant l’été quand Israël a interdit aux fidèles palestiniens de venir y prier.Certains actes particulièrement brutaux [de la part des forces israéliennes d’occupation] dans cette même période n’ont toutefois pas été signalés par les médias internationaux.

Grâce à mon travail en tant qu’avocate au sein du Comité public contre la torture en Israël, j’ai recueilli des témoignages de victimes d’un de ces incidents.

Le 27 juillet, la police israélienne a effectué une descente dans le composé d’al-Aqsa, vers 22h. C’était peu de temps après que les autorités israéliennes eurent retiré les détecteurs de métaux et les caméras qu’elles avaient placés à l’entrée du complexe.

Le raid, qui n’était pas le premier à al-Aqsa ce jour-là, apparaissait comme une vengeance de la police sur les Palestiniens qui avaient résisté avec succès aux interdictions d’accès à la mosquée, dans une campagne de désobéissance civile longue de deux semaines.

Quelques instants après avoir appelé tout le monde à évacuer la mosquée, les policiers ont tiré des balles en caoutchouc sur les fidèles pacifiques, en blessant plusieurs. Environ 120 Palestiniens ont été arrêtés, et aucun d’entre eux n’a résisté à leur arrestation.

Une équipe médicale palestinienne avait prodigué des soins à un fidèle dans la mosquée avant le raid, et elle s’est retrouvée à devoir aider les victimes du raid, dont un homme blessé par une balle en acier recouverte de caoutchouc. ***

L’un des membres de l’équipe médicale a déclaré qu’un officier de police israélien connu sous le nom de Shlomi « s’est dirigé vers nous et a dit à ses hommes : ‘Ce ne sont pas des paramédicaux, ce sont tous des menteurs, prenez leurs gilets et b…-les’ ».

La police a dépouillé le personnel médical de leurs tenues, les a groupés avec les fidèles et les a poussés dans un coin avec les mains en l’air.

La police a ensuite forcé tous les prisonniers à se mettre à terre. Beaucoup ont été battus par des policiers qui portaient des gants renforcés et avec des matraques.

Entravés

Les détenus avaient les mains liées derrière le dos avec des câbles en plastique. Enchaînés et impuissants, les détenus ont été forcés de s’agenouiller, certains ayant reçu l’ordre d’incliner la tête entre leurs jambes.

« Ils m’ont pointé du doigt, je me suis dirigé vers eux, une policière m’a attrapé par les mains, tandis qu’un autre policier m’a donné un coup de pied dans le dos et je suis tombé par terre », a déclaré un détenu.

« Ils retenaient mes mains derrière mon dos et l’un d’eux a sauté sur moi, a marché sur ma hanche, a tiré mes mains plus loin en arrière et m’a menotté. Je lui ai dit: « C’est très serré, je ne suis qu’un humain. » L’officier a dit: « C’est serré ? » Et il a resserré les manchettes en plastique jusqu’à ce que je saigne.

Les détenus ont été divisés en deux groupes et contraints de marcher pieds nus depuis la mosquée jusqu’à la porte du Maroc – une entrée dans la vieille ville de Jérusalem.

Certains ont été forcés de marcher avec la tête baissée; d’autres ont été obligés de s’incliner à un angle de 90 degrés en marchant. À la porte, certains ont été à nouveau forcés à s’agenouiller tandis que d’autres subissaient une fouille complète au corps.

Tout cela a eu lieu alors que les spectateurs israéliens se moquaient de nous, filmaient et photographiaient.

Le premier groupe de détenus a été transféré dans des véhicules de police. Le deuxième groupe, une centaine de détenus, a été forcé de monter dans un autobus de la société israélienne de transport public Egged.

Une fois chargés dans l’autobus, les détenus ont été forcés de s’asseoir, les mains derrière le dos. Un jeune homme a dit avoir éprouvé tout d’abord un sentiment de soulagement: « j’étais enfin assis sur une chaise parce que mes pieds me faisaient terriblement souffrir. Ils étaient piétinés par les policiers et je marchais pieds nus depuis l’arrestation. Je n’étais plus capable de bouger, mes pieds étaient enflés. »

Le jeune homme ajouta rapidement qu’il n’avait « pas le droit de se sentir soulagé ». Il lui fut rapidement demandé de courber la tête entre ses genoux.

« Mon dos allait craquer »

Alors qu’il dans cette position, les policiers ont jeté un autre détenu sur son dos et ceux des trois détenus placés à côté de lui. Trois autres détenus ont ensuite été empilés sur eux, formant une sorte de pyramide humaine.

« Ils ont jeté une personne lourde sur nous quatre, » raconte le jeune homme. « Je sentais que mon dos allait craquer. »

D’autres détenus ont dûécarter leurs jambes pour que deux détenus puissent être placés sur chaque jambe. Dans certains cas, un autre détenu a été placé sur le sol entre les jambes des autres détenus et face à leurs organes génitaux.

Le reste des détenus a été forcé de s’asseoir sur le sol du couloir de l’autobus.

Le niveau de violence policière était tel que les détenus craignaient pour leur vie.

« J’ai vu la mort dans leurs yeux [de la police] », a déclaré une autre victime.

« Je n’ai pas peur facilement », a déclaré un autre jeune homme, âgé de 22 ans. « Mais cette nuit-là, j’étais sûr qu’ils allaient nous tuer, nous tous. J’avais tellement peur que j’ai presque uriné dans mon pantalon. »

Les témoignages de ces prisonniers et de quelques autres ont constitué la base d’une plainte déposée par le Comité public contre la torture en Israël, au nom de 10 Palestiniens placés dans ce bus. La plainte a été déposée auprès de l’unité d’enquête de la police israélienne à la fin août.

Le bus transportant les détenus a été amené au dit Complexe russe, un centre d’interrogatoire synonyme de torture.

Agression

Certains détenus ont révélé d’autres violences policières à leur égard dans le centre. Un adolescent, qui souffrait visiblement, figurait parmi les agressés.

La plupart des détenus ont été libérés du Complexe russe après une heure ou deux. D’autres, cependant, n’ont pas été libérés avant le jour suivant.

Chaque membre du groupe était lié jusqu’au jour suivant avec un autre homme pendant sa détention. Ils devaient s’accompagner même lors de l’utilisation des toilettes.

Les hommes qui étaient enchaînés devaient dormir par terre.

L’un des détenus a été frappé à la tête par la police pendant le raid. Même s’il était visiblement en train de saigner, il n’a reçu aucun traitement médical avant sa détention – moment où il a été emmené dans une ambulance.

Les détenus avec qui j’ai parlé ont tous signalé qu’ils avaient les poignets enflés et qu’ils saignaient en raison des serrages imposés.

Cet incident n’était pas la première fois qu’Israël réquisitionne des véhicules de transport public pour des opérations militaires ou policières.

En 1992, Israël a utilisé des bus Egged pour déporter plus de 400 Palestiniens – les yeux bandés – de la Cisjordanie occupée et de Gaza vers le sud du Liban.

L’utilisation abusive des bus par les forces d’occupation israéliennes est symptomatique d’un problème plus important. Depuis sa création, Israël a délibérément réquisitionné des biens publics ou civils et les a transformés en zones militaires fermées. La saisie sur ce mode de grandes étendues de la Cisjordanie a permis à Israël d’étendre ses colonies.

Israël refuse de séparer ce qui est militaire de ce qui est civil. L’armée israélienne gère des bases et des bureaux dans les universités; les soldats transportent leurs armes dans les transports publics.

En s’imposant violemment dans presque tous les aspects de la vie palestinienne, Israël a pu attaquer impunément les lieux de culte, et même les bus ont été transformés en cellules de prison.

Sarkozy et l’argent de Kadhafi ( « La meilleure façon d’effacer les traces des compromissions, c’est de faire la guerre ! […] Les raisons, pour lesquelles nous avons fait cette guerre, sont fausses… 

Sarkozy et l’argent de Kadhafi : un scandale d’Etat étouffé par certains médias

Dans l’affaire des financements libyens de Sarkozy, 10 ans après les faits, la police judiciaire a rendu un rapport accablant. ASI

Nicolas Sarkozy, au coeur d’une des affaires les plus graves de la Vème République, mais toujours pas inquiété par la justice… Vous avez dit république bananière ? C’est un doux euphémisme….

Fabrice Arfi et Karl Laske « cartographient cet effrayant système, mais aussi tout ce qui a été mis en place au niveau policier, judiciaire et médiatique pour freiner l’investigation, pour étouffer l’affaire. »

 

« Nicolas Sakozy, qui était un homme excessivement puissant, qui l’est toujours et qui l’a été évidemment quand il était au fait de sa gloire présidentielle… face à cette affaire, qui disons le très nettement est la plus grave de la Vème république et probablement des précédentes, a tout fait pour d’abord, côté judiciaire, comploter contre la magistrature et les policiers pour les empêcher d’enquêter. C’est pas Nicolas Sarkozy, c’est Paul Bismuth qui a fait ça… son avatar, un peu comme dans The Wire. Ensuite nous avons un Nicolas Sarkozy, et son réseau, qui fait tout pour circonscrire les témoins qui peuvent parler de ce dossier. Nous racontons dans le livre comment il fait pression sur le chef des services secrets pour savoir ce qu’il sait sur tel témoin, qu’est-ce qu’on peut l’empêcher de dire, comment agir, etc. »

Fabrice Arfi et Karl Laske, journalistes à Médiapart, publient une synthèse de leurs six années d’enquête sur le financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy.

C’est sans doute le scandale d’Etat le plus grave de toute l’histoire de la Vème République. Un naufrage sans précédent qui a vu notre pays brader ses idéaux sur l’autel de l’argent sale, au profit d’une dictature sanguinaire. Ou comment Nicolas Sarkozy aurait fait financer sa campagne électorale de 2007 par le colonel Kadhafi, mort dès le début d’une guerre lancée par qui ? 

Une enquête édifiante

Par la France. Des millions d’euros, dont six années d’enquête mettent désormais à jour les circuits bancaires opaques, ou plus simplement les porteurs de valises en petites coupures. Six années d’enquête retracées en 391 pages par deux journalistes qui non seulement cartographient cet effrayant système, mais aussi tout ce qui a été mis en place au niveau policier, judiciaire et médiatique pour freiner l’investigation, pour étouffer l’affaire.

C’est le fil que « L’Instant M » a choisi de tirer pour vous ce matin : comment la presse a-t-elle été instamment priée de s’écraser ?

L’Instant M, l’invité était Fabrice Arfi (9h40 – 18 Octobre 2017)
Retrouvez L’Instant M sur www.franceinter.fr

Il n’est pas inutile de revoir cette vidéo tournée en 2016, dans laquelle Ziad Takieddine faisait des aveux bien compromettants pour ce cher Sarkozy :

Ziad Takieddine passe aux aveux : « J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sarkozy »

 

Il ne s’agit pas d’une « affaire » comme les autres. Parce qu’au-delà de l’argent, il y a, cette fois-ci, une guerre.
Fruit de six années d’enquête, 
Avec les compliments du Guide retrace pour la première fois, grâce à des témoignages et des documents inédits, l’histoire secrète de compromissions à visages multiples avec la Libye de Kadhafi […]
De la corruption aux mensonges sur l’intervention militaire de 2011, des morts suspectes qui tétanisent les témoins aux dessous d’une enquête parsemée d’embûches pour les juges et les policiers, Fabrice Arfi et Karl Laske révèlent les coulisses d’un naufrage français sans précédent.
Quand la France fait voler en éclats toutes ses valeurs sur l’autel de l’argent sale et de la raison d’État…

Peste à Madagascar : « La peur s’est installée. L’île manque de médecins »

Peste à Madagascar : "La peur s'est installée. L'île manque de médecins"
Opération de nettoyage dans un quartier de la capitale Antananarivo, touchée par une épidémie de peste.

Ecoles et universités fermées, hôpitaux saturés… En quelques semaines, la peste a fait 80 morts à Madagascar. Responsable adjoint de l’Unicef sur place, Jean-Benoît Manhes nous explique comment la Grande île tente de faire face à cette situation.

Chloé Pilorget-Rezzouk

En une semaine, le nombre de cas a doublé, passant de 400 à 899 malades. A Madagascar, l’épidémie de peste qui s’est déclarée fin août a déjà fait 80 morts, selon le tout dernier bilan du ministère malgache de la Santé publique. Si la Grande Ile connaît chaque année un épisode de peste, cette fois, la maladie s’est propagée hors des zones habituelles, s’étendant jusqu’aux zones urbaines de Tamatave et Tananarive – où se situe la capitale Antananarivo. Rien que dans la capitale, 40 personnes sont décédées.

Afin d’éviter la propagation et de favoriser la désinfection des quartiers touchés, les établissements scolaires sont fermés et les rassemblements ont été interdits jusqu’à nouvel ordre par les autorités. Plus d’1 million de doses d’antibiotiques ont été livrées et des centaines de volontaires formés en urgence. Jean-Benoît Manhes travaille depuis quinze ans pour l’Unicef.  Après avoir posé ses valises en Afghanistan, Iran, Angola, Bangladesh, Irak ou encore Birmanie, il vit à Madagascar depuis un an et demi, où il est responsable et coordinateur des programmes de l’organisme. Il nous décrit la situation sur l’île, entre mobilisation des secours et psychose de la population :

« Ce qui est particulier, c’est que l’urgence sanitaire actuelle frappe un pays en urgence chronique. Car même dans une situation dite ‘normale’, beaucoup de difficultés existent ici. L’état des services sociaux sur l’île est dramatique, en particulier depuis la crise politique de 2009 : 92% de la population vit sous le seuil de pauvreté, moins de la moitié a accès à une eau de qualité. L’accès aux soins est aussi extrêmement réduit, ce qui explique notamment une mortalité infantile élevée. La moitié des enfants, dont nous nous occupons particulièrement avec l’Unicef, sont malnutris et un sur trois n’achève pas son cycle scolaire de primaire. Bref, Madagascar est, au quotidien, en situation d’urgence.

L’apparition de la peste pulmonaire

Depuis son intrusion sur l’île en 1898, la peste revient tous les ans à Madagascar, de mai à septembre. D’habitude, c’est principalement la peste bubonique qui frappe l’île : celle-ci se transmet par la piqûre d’une puce porteuse et reste très géolocalisée à certaines provinces de zone rurale. Si la peste bubonique reste implantée ici, c’est parce que la puce vectrice de la maladie a réussi le mariage parfait avec un rongeur local – principalement le rat noir et le rat d’égouts. En moyenne, 300 à 400 cas sont ainsi déclarés chaque année avec quelques douzaines de décès.

Mais le problème que nous avons depuis la mi-septembre, c’est que la peste a changé de forme. Aujourd’hui, deux épidémies sont en réalité en cours : la première, c’est la traditionnelle peste bubonique, même si elle s’étend cette année hors des zones habituelles. Sur les 899 cas évoqués à ce jour – et la situation évolue très vite –, on en recense 210 de type bubonique.

La seconde épidémie, c’est la peste pulmonaire. Or, celle-ci est bien plus inquiétante : très contagieuse, elle se transmet par la salive (donc la simple toux) et on en meurt très vite, en un à trois jour(s), si l’on n’est pas soigné avec des antibiotiques. Surtout, en plus d’avoir été plus précoce que d’habitude, la saison pesteuse que nous connaissons ne se cantonne plus aux zones rurales isolées. Les villes importantes de Madagascar, Antananarivo et Tamatave, ont été touchées.

Des structures de soin saturées

Dans ces endroits auparavant épargnés, les agents de santé ne sont donc pas habitués au protocole de soins à suivre : au sein de certains centres, les tests ne sont pas toujours réalisés dans des conditions sanitaires optimales. Et les structures habituelles ne suffisent plus. Il y a bien un centre de référence anti-peste dans la capitale, mais il ne dispose d’habitude que d’une petite dizaine de lits… alors que l’épidémie explose.

En une semaine, le nombre de cas a doublé. Nous en comptions 400 la semaine dernière, pour 899 aujourd’hui. Le nombre de patients ne cesse d’affluer dans les hôpitaux : en ce moment, on en compte chaque jour jusqu’à une centaine de plus. Certes, tous ne sont pas des cas confirmés. Une telle augmentation s’explique aussi par le fait que les gens paniquent. Nous sommes également en pleine saison pour la grippe, et au moindre symptôme qui pourrait être lié à la peste – forte fièvre, toux très présente ou grande difficulté à respirer – certains se présentent dans les hôpitaux, qui sont saturés. Pour faire face, cinq centres de tri et de traitement viennent d’être ouverts, dont quatre dans la région de la capitale.

4 questions sur l’épidémie de peste qui touche MadagascarLa difficulté, c’est que les cas suspects de peste sont examinés dans l’enceinte d’hôpitaux classiques. Mais il est hors de question de mélanger un enfant admist pour une opération de l’appendicite à un malade de la peste ! Ceci nécessite donc une capacité de triage et un énorme travail d’isolement, toujours en cours. Nos équipes, avec nos collègues de l’OMS, de la Croix-Rouge et de quelques ONG (Médecins sans frontières, Médecins du monde), sont notamment chargées d’appuyer le système de santé, en contrôlant si les consignes d’hygiène et de tri sont bien respectées.

Entre peur et stigmatisation

La peur s’est installée parmi les habitants. Il faut dire que le nom de la maladie et l’imaginaire lui étant rattaché suscitent un stress important. Très tôt, des campagnes d’information ont été menées, mais le système sanitaire n’a pas répondu partout à la même vitesse. Et la communication doit encore être renforcée. Dans certains quartiers, les gens se sont rués dans les pharmacies pour acheter des masques et des antibiotiques. Les premiers jours, les prix de ces produits ont d’ailleurs grimpé. Maintenant, ils sont informés que nous avons été livrés, qu’il n’y aura pas de pénurie de médicaments.

La fermeture des écoles et universités a aussi pu participer à l’émergence de fausses rumeurs et à une certaine psychose. On ne sait pas encore quand les manifestations et rassemblements publics seront autorisés de nouveau. Avec nos équipes, nous travaillons pour que les écoles, à leur réouverture, soient capables de réagir en cas d’élève infesté. Car l’école n’est pas un sanctuaire, il y aura peut-être des cas de peste en milieu scolaire. S’il est compliqué de le faire entendre aux parents, l’école est justement un endroit où l’enfant peut être détecté et traité rapidement – mais, cela suppose que les professeurs soient formés et équipés.

 

On sent également poindre une forme de stigmatisation. A tort, on rattache souvent la peste à un manque d’hygiène, aux quartiers populaires et insalubres, mais cette maladie peut aussi bien vous contaminer dans les bureaux de l’Unicef que dans les bidonvilles de la capitale ! Aujourd’hui, certaines familles préfèrent attendre la tombée de la nuit pour signaler un de leurs proches, afin que la visite des services sanitaires soit moins visible. Lorsque nos équipes de santé vont chercher les malades, elles s’habillent désormais le plus souvent en civil, et non plus en tenue médicale. D’autres familles refusent que les équipes officielles viennent récupérer les corps des défunts, de peur d’être montrées du doigt dans leur quartier.

Certains ne déclarent même pas leurs morts, de peur que le corps du malade ne leur soit pas rendu. La culture malgache accorde en effet une très grande importance à l’enterrement des défunts au sein de la communauté. Or, jusqu’à encore quelques semaines, certains corps ont été enterrés par l’Etat dans des fosses communes, en vertu d’un vieux décret. Un travail est en cours pour permettre des funérailles dignes, mais sécurisées, respectueuses des coutumes.

La crise a commencé il y a tout juste un mois

Aujourd’hui, le risque de propagation à l’international reste faible. Un contrôle est effectué à l’aéroport. Et puis, l’incubation de la maladie étant extrêmement rapide, un malade de la peste pulmonaire ne serait même pas en mesure de se présenter à son vol. La crise n’en est qu’à son début.

Une réponse conjointe doit encore se mettre en place à grande échelle. Certains médecins ont été réquisitionnés, mais je le répète, Madagascar manque traditionnellement de médecins. On se repose beaucoup sur les volontaires, qu’il faut former rapidement. On ne va pas envoyer un boy-scout dans un hôpital traitant des patients atteints de la peste, sans formation ni protection ! Dans la capitale, pas moins de 1.800 bénévoles ont ainsi été formés et 2.400 sur le reste du territoire.

Enfin, les informations à la population doivent être encore mieux partagées. Il y a aussi beaucoup de rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux, et contre lesquelles nous essayons de lutter. Le circuit des masques, gants et autres produits sanitaires doit encore être amélioré. Le problème n’est pas de savoir si le nombre de malades va continuer de croître, mais de savoir si le système sanitaire pourra tous les prendre en charge, si ses capacités de traitement et de traçabilité permettront de contrôler l’épidémie et non de se laisser contrôler par elle. »

C.P.R

israeli Naval Forces Destroy and Drown Palestinian Fishing Boat off Beit Lahia Shore

UPROOTED PALESTINIANS: SALAM ALQUDS ALAYKUM

Israeli Naval Forces Destroy and Drown Palestinian Fishing Boat off Beit Lahia Shore

 

19 Oct
3:57 PM

PCHR – 18 October 2017: Israeli gunboats fired shells at a Palestinian fishing boat sailing within 2.5 nautical miles.  As a result, the boat was destroyed and drowned in the Sea.

The Palestinian Center for Human Rights (PCHR) monitored that Israeli forces have escalated their attacks against Palestinian fishermen despite expanding the allowed fishing area from 6 to 9 nautical miles.  This proves that Israel continues its policy of targeting fishermen and their livelihoods.

According to PCHR’s investigations, at approximately 10:00, Israeli gunboats stationed off Beit Lahia shore in the northern Gaza Strip, fired shells at a Palestinian fishing boat holding No. 442 and belonging to ‘Ezz Wajih Mohammed Abu Ryalah (36) from al-Mokhabarat area, northwest of Gaza city. As a result, the fishing boat sailing within 2.5 nautical miles off…

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